En France, un conducteur qui heurte un chevreuil doit impérativement signaler l’accident aux autorités, même si l’animal est déjà mort ou s’est enfui. Omettre cette déclaration expose à des sanctions, parfois méconnues du grand public. La gestion des animaux sauvages sur la voie publique s’organise autour de numéros d’urgence spécifiques et d’interlocuteurs différents selon la situation.La procédure change lorsque l’animal est blessé, mort ou dangereux pour la circulation. Chaque étape implique des responsabilités précises pour éviter toute infraction et limiter les risques pour la sécurité routière et la faune locale.
Collision avec un chevreuil : un risque de plus en plus fréquent sur les routes
Les collisions avec un chevreuil se multiplient, et le phénomène ne relève plus de la rareté. En traversant forêts, champs ou abords de villes, les conducteurs font face à une présence animale bien plus marquée qu’autrefois. L’augmentation de ces accidents au fil des ans trahit une mutation du territoire, où nature et activités humaines s’entremêlent de plus en plus étroitement.
Difficile d’y échapper : l’étalement urbain et les milieux naturels qui disparaissent forcent la faune sauvage à évoluer. Chevreuils, sangliers, cerfs, tous voient leurs effectifs grandir, conduisant à davantage de rencontres inopinées sur la chaussée. Ce danger se concentre surtout à l’aube ou au crépuscule, au moment où les animaux partent en quête de nourriture ou d’eau. Vigilance, donc, sur les petites routes bordées de végétation ou les axes mal éclairés.
Quelques chiffres permettent de cerner l’ampleur du phénomène :
- Les chevreuils causent la majorité des accidents de ce type, devant les sangliers.
- Des centaines d’automobilistes sont confrontés chaque année à des dégâts matériels parfois conséquents.
- Il arrive aussi que des animaux domestiques en fuite soient impliqués dans ces accidents.
Difficulté supplémentaire, la signalisation routière montre régulièrement le célèbre panneau « passage d’animaux sauvages ». Ralentir dans ces secteurs, anticiper les mouvements d’animaux : ces gestes protègent aussi bien la faune que les conducteurs. Car derrière chaque accident, il y a plus qu’une simple réparation de carrosserie à la clé : c’est la gestion du vivant et du risque partagé sur l’ensemble du réseau routier, sujet bien plus vaste qu’il n’y paraît.
Quels réflexes adopter immédiatement après l’accident ?
Le premier instant après un choc avec un chevreuil laisse rarement indifférent. Le réflexe à adopter : sécuriser la scène sans attendre. Feux de détresse allumés, gilet fluo sur les épaules, triangle posé 30 mètres en amont : ces simples mesures réduisent le danger pour tous, surtout quand la visibilité baisse.
Avant de sortir du véhicule, regardez autour de vous. Vérifiez qu’aucune voiture n’arrive, puis observez la situation : l’animal est-il blessé, à terre, ou a-t-il disparu ? Évitez toute tentative de déplacer ou d’approcher un chevreuil blessé. La peur et la souffrance rendent ce type d’animal imprévisible et dangereux.
Prévenez la police ou la gendarmerie sans délai. Leur intervention vise à sécuriser la zone, à prendre en charge l’animal concerné, et à rédiger le rapport indispensable pour l’assurance. Fournissez tous les détails nécessaires : position exacte, état du véhicule, visibilité de l’animal.
Si quelqu’un a été touché, même superficiellement, il est conseillé de joindre les secours immédiatement. Souvent, les blessures ou traumatismes peuvent passer inaperçus sous le coup de la surprise. Mieux vaut vérifier sur-le-champ le bien-être physique et émotionnel de tous.
Voici les étapes à respecter pour garder la maîtrise de la situation :
- Déposez le triangle de signalisation environ 30 mètres avant votre véhicule.
- Saisissez votre téléphone pour contacter les forces de l’ordre, police ou gendarmerie.
- N’allez jamais au contact de l’animal blessé, ni ne tentez de le déplacer.
Ce protocole, conseillé partout dans l’Hexagone, entre en application dès le moindre accident impliquant un animal sauvage sur la voie publique.
Numéros d’urgence et interlocuteurs à contacter en cas d’animal blessé ou mort
Si la voiture heurte un chevreuil, la réaction attendue est sans équivoque : composez le 17. Ce numéro dirige vers la police ou la gendarmerie, intervenants chargés de sécuriser les lieux et de prendre note de la présence d’un animal en détresse ou décédé sur la route. Leur arrivée permet de calmer le jeu autour du site, de réguler la circulation et d’établir le constat nécessaire pour les démarches d’assurance.
Dans certains contextes, les forces de l’ordre font appel à des centres de soins spécialisés dans la faune sauvage. Ces structures accueillent tout animal blessé, que ce soit un chevreuil, un oiseau ou tout autre mammifère heurté par un véhicule.
Pour ne pas vous perdre, voici les coordonnées à retenir en toute circonstance :
- Le 17 pour entrer en contact avec la police ou la gendarmerie en cas de collision avec la faune sauvage.
- Les centres de sauvegarde de la faune sauvage peuvent être mobilisés via les autorités locales.
- En cas de blessure humaine, le 15 (SAMU) reste prioritaire.
Quel que soit l’endroit où l’on circule sur le territoire, ces contacts sont valables. L’important : fournir la position précise, décrire l’état de l’animal et des personnes, afin de garantir une intervention efficace et rapide pour la sécurité de tous ainsi que le bien-être de la faune rencontrée.
Protéger la faune sauvage : pourquoi votre signalement compte vraiment
Avis aux conducteurs : le signalement aux autorités ne doit jamais être perçu comme une simple formalité. Transmettre l’alerte à temps et localiser précisément l’accident nourrissent une base de données précieuse pour la compréhension des risques entre circulation et animaux. Grâce à ces signalements, collectivités, associations et centres de soins ajustent leurs actions, identifient les points noirs routiers, et militent pour des aménagements permettant à la faune de circuler plus sereinement.
Derrière les chiffres d’accidents se cachent des situations très concrètes : routes traversées à la tombée de la nuit, animaux imprévisibles surgissant entre deux haies. Chaque appel téléphonique affine la carte des dangers pour la faune, augmente les chances de sauver un animal blessé et participe à la préservation de populations fragiles.
Pour mieux appréhender les retombées d’un simple signalement, voici ce que vous permettez :
- L’intervention rapide d’équipes compétentes, parfois capables de prendre en charge immédiatement un chevreuil ou un autre animal blessé.
- L’enrichissement d’une base de suivi, servant à protéger de façon plus durable les espèces sauvages et la biodiversité locale.
Les routes n’appartiennent jamais seulement aux voitures. Elles recoupent des territoires vivants, où chaque signalement, par téléphone, devient un pas de plus vers une coexistence plus harmonieuse avec l’ensemble du vivant. Prévenir après une collision, c’est aussi s’engager, à sa façon, pour que demain, la sécurité gagne à la fois l’humain et l’animal.


