Votre chat vomit depuis ce matin, votre vache boite dans le pré et le cabinet vétérinaire le plus proche est à quarante minutes de route. Obtenir un avis rapide par vidéo semble logique, et pourtant le cadre légal français reste flou.
En 2026, GMVET 1, le logiciel de gestion vétérinaire lié à l’écosystème Centravet, ne propose pas de module de téléconsultation vétérinaire au sens réglementaire. Le décret qui doit encadrer cette pratique n’a toujours pas été signé. Pour autant, plusieurs pistes existent déjà dans le logiciel et autour de lui.
Téléconsultation vétérinaire en France : pourquoi le décret se fait attendre
La téléconsultation médicale humaine est encadrée depuis plusieurs années. Côté vétérinaire, la situation est très différente. Le projet de décret est en discussion entre le ministère de l’Agriculture et l’Ordre des vétérinaires, mais d’autres volets du texte posent problème et retardent l’ensemble.
L’instabilité gouvernementale n’aide pas non plus à faire avancer le dossier.
Le cadre général qui se dessine s’inspire de ce qui existe en médecine humaine. La téléconsultation resterait minoritaire par rapport à l’activité en cabinet. Les dispositifs installés dans des locaux purement commerciaux seraient interdits. L’objectif est d’éviter l’émergence de plateformes low-cost sans lien avec un suivi réel de l’animal.

GMVET 1 et avis à distance : ce que le logiciel permet déjà
Vous utilisez GMVET 1 au quotidien pour la gestion de planning, le dossier animal ou la pharmacie. Mais qu’en est-il du travail à distance ?
Le logiciel ne qualifie aucun acte comme « téléconsultation réglementaire », puisque le décret n’existe pas encore. En revanche, plusieurs fonctions permettent de documenter un avis à distance sans enfreindre la réglementation actuelle.
- La prise de rendez-vous peut être couplée à un échange vidéo via un outil tiers, le compte-rendu étant ensuite rattaché au dossier animal dans GMVET 1.
- Les modules de triage permettent de recueillir des informations avant la consultation, réduisant le temps passé sur place pour l’éleveur ou le propriétaire.
- La communication asynchrone (photos, messages, documents) entre le vétérinaire et le client peut être tracée et archivée, créant un historique exploitable.
L’Ordre des vétérinaires a indiqué ne pas poursuivre les praticiens qui respectent un cadre prudent pour ces échanges à distance, même en l’absence de décret spécifique. La clé : ne pas présenter l’échange comme un substitut à l’examen clinique.
Traçabilité présentiel et distance : un enjeu pour les structures vétérinaires
Quand le décret finira par être signé, il imposera très probablement de démontrer que la téléconsultation reste accessoire par rapport à l’activité en cabinet. C’est le schéma retenu en médecine humaine, et les signaux réglementaires pointent dans la même direction pour le vétérinaire.
Pour une clinique utilisant GMVET 1, cela signifie une chose concrète : le logiciel devra tracer la part de consultations à distance par rapport au présentiel. En cas de contrôle, cette donnée sera déterminante.
La grille tarifaire 2026 de GMVET affiche une base à 64 euros HT par mois pour un vétérinaire, une ASV et un site. À ce tarif s’ajoutent assistance, reprise de données, stockage et options. Si un module de téléconsultation venait à être intégré, il constituerait probablement une option supplémentaire sur cette grille.
Préparer sa structure dès maintenant
Attendre le décret ne signifie pas rester inactif. Plusieurs praticiens documentent déjà leurs échanges à distance dans le dossier médical, en les qualifiant d’avis préalable ou de triage. Cette approche présente un double avantage : elle crée un historique utile pour le suivi de l’animal, et elle constitue une preuve de bonne pratique si la réglementation évolue.

Délégation d’actes aux ASV : un levier complémentaire à la télémédecine
Un aspect rarement relié à la téléconsultation vétérinaire concerne la délégation d’actes aux auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV). Les textes parus en 2026 sur ce sujet modifient l’organisation des cliniques.
Pourquoi le lien avec la télémédecine ? Parce qu’un vétérinaire supervisant à distance pourrait, dans certains cas, guider un ASV présent sur place pour réaliser des actes délégués. La combinaison télésupervision et délégation d’actes ouvre un modèle inédit pour les zones rurales sous-dotées en praticiens.
GMVET 1 gère déjà les profils utilisateurs par rôle (vétérinaire, ASV). La brique manquante est la validation à distance d’un acte délégué, avec horodatage et signature électronique. Ce type de fonctionnalité dépend directement du décret à venir.
GMVET 1 ou GMVET 2 : quelle version pour la téléconsultation
La question de la migration vers GMVET 2 se pose pour de nombreuses structures en 2026. Sur le volet télémédecine, aucune des deux versions ne propose aujourd’hui un acte de téléconsultation conforme, faute de cadre légal.
GMVET 2 étant la version la plus récente, c’est logiquement celle qui recevra en priorité les futures fonctionnalités liées à la téléconsultation. Les structures qui envisagent de rester sur GMVET 1 doivent évaluer si cette version continuera à recevoir des mises à jour sur ce sujet précis.
Le choix entre les deux versions ne devrait pas reposer uniquement sur la téléconsultation. Mais pour les cliniques rurales ou multi-sites qui voient dans la télémédecine un gain d’efficacité à moyen terme, intégrer ce critère dans la réflexion de migration a du sens.
Le paysage réglementaire vétérinaire français reste en mouvement. Le décret sur la téléconsultation finira par être publié, et les logiciels de gestion comme GMVET devront s’adapter rapidement. Les structures qui documentent déjà leurs échanges à distance dans le dossier médical auront une longueur d’avance le jour où le cadre sera posé.

